Rage au volant: la victime condamnée à payer son agresseur

(Québec) Blessé dans un épisode de rage au volant survenu en 2001, un homme de Québec, Clément Allard, vient d’être condamné à verser 15 000 $ à son agresseur Jacques Lamarre pour avoir divulgué des informations sur l’affaire lors d’une entrevue accordée au journaliste Martin Everell du réseau TVA.

 

Trouvé coupable au criminel de voies de fait causant des lésions pour avoir roué Allard de coups de poing et de coups de pied, Lamarre, un retraité de la fonction publique fédérale âgé de 64 ans, avait fait l’objet d’une poursuite civile de 62 397,20 $ intentée par sa victime en 2003. Mis au courant de la poursuite, le journaliste Martin Everell communique avec Allard pour obtenir une entrevue, mais celui-ci préfère attendre que le dossier soit réglé.

 

Confidentialité

 

C’est en septembre 2005 que les parties s’entendent finalement sur un règlement hors-cour dans lequel Lamarre accepte de dédommager sa victime. L’entente était cependant assortie d’une clause de confidentialité qui interdisait aux parties de diffuser de quelque façon que ce soit le règlement, ses conditions et ses paramètres.

 

 

Bref, la victime et l’agresseur devaient s’abstenir de diffuser les droits, recours, prétentions et dommages découlant directement ou indirectement des événements survenus le 15 février 2001 et des allégations contenues dans les procédures. Cela comprend, entre autres, l’instance criminelle, ses résultats, l’instance civile, le fait qu’elle se termine par un règlement et un dédommagement.

 

Malgré tout, Allard prend contact avec le journaliste quelques jours plus tard, après que son agresseur eut rempli sa partie de l’entente, et lui accorde une entrevue. Dans celle-ci, il se dit satisfait et content du règlement et laisse entendre qu’il a reçu un bon montant d’argent sans toutefois en préciser la somme.

 

Lamarre, dont la condamnation pour voies de fait n’avait pas été diffusée dans les médias et qui avait caché l’événement aux membres de sa famille, disait souffrir d’insomnie à la suite de la diffusion du reportage à TVA. Il indiquait également que des amis et des membres de sa famille lui avaient tourné le dos après avoir pris connaissance du dossier.