Paul Fontaine rate sa tentative de faire avorter son procès

Le motard Paul Fontaine a échoué, vendredi, à sa tentative de faire avorter son procès pour meurtre et tentative de meurtre de deux agents des services correctionnels en septembre 1997.

Malgré son témoignage et la plaidoirie de son avocate, le juge Marc David a évalué que rien dans leurs prétentions ne démontraient un risque d’erreur judiciaire ou un préjudice à l’égard de l’accusé. Paul Fontaine n’a pas semblé surpris outre mesure de cette décision.

Les jurés ont alors été invités à reprendre leurs délibérations suspendues en début de journée, délibérations qu’ils mènent depuis mardi après-midi.

Après leur départ, le juge a dit s’attendre à passer la fin de semaine au palais de justice. «À ce stade, j’estime qu’on va être ici samedi et dimanche», a-t-il dit.

En matinée, Fontaine, accusé du meurtre de l’agent Pierre Rondeau et de la tentative de meurtre de son collègue Robert Corriveau, était sorti du mutisme observé depuis le début de son procès. Il a raconté qu’à deux moments, des jurés avaient regardé en sa direction alors qu’il se trouvait dans un fourgon cellulaire et que les gyrophares et les sirènes fonctionnaient.

Son avocate, Carole Beaucage, a soutenu que ces incidents étaient de nature à influencer les membres du jury, à les convaincre de la dangerosité de Fontaine.

Un agent correctionnel a cependant témoigné à l’effet qu’il était impossible pour une personne de l’extérieur de voir à l’intérieur du fourgon.

Me Beaucage avait mentionné une série d’incidents qui, additionnés, lui semblaient de nature à laisser croire que le procès était inéquitable et partial. Elle avait avancé que la divulgation de la preuve avait été incomplète et tardive et que certains jurés avaient délibéré ailleurs que dans la salle réservée à cet effet, entre autres.

L’avocate s’était en outre plainte de l’atmosphère lourde et malsaine entourant le procès et d’avoir entendu des choses épouvantables, à faire dresser les cheveux sur la tête. «La cause a un aspect peu sympathique, le meurtre comme tel est gratuit et crapuleux, mais il aurait fallu préserver une bulle plutôt que de mettre de l’huile sur le feu», a-t-elle fait valoir.

Source :  Cyberpresse