Battu par quatre Blancs en quittant son logement

(SHERBROOKE) Michel Kinumbe, agent de développement à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, a été victime d’une agression gratuite, dimanche soir, en sortant de son immeuble de la rue Jogues, dans l’Ouest de Sherbrooke.
Ce Congolais d’origine, installé à Sherbrooke depuis douze ans et père de trois enfants de 10, 6 et 2 ans, a été tabassé par quatre individus qui l’ont laissé avec de nombreuses ecchymoses et un doigt cassé.
Pour lui qui est un Noir, s’agit-il d’un acte raciste?
«Je ne sais pas s’ils sont racistes, répond-il au sujet des quatre Blancs qui l’ont attaqué. Ce que je sais, c’est que ce sont des délinquants.»
Et M. Kinumbe se désole de voir ces mêmes individus continuer d’aller et venir vers le logement d’où ils sont sortis lorsqu’ils l’ont attaqué.
Triste paradoxe, M. Kinumbe oeuvre depuis des années auprès des nouveaux arrivants, en plus de donner des conférences et des ateliers pour favoriser les rapprochements entre les différentes communautés culturelles dans les écoles. Il a d’ailleurs reçu au début du mois un Prix du gouverneur général pour l’entraide, des mains de la gouverneure générale Michaëlle Jean, à Ottawa.
Le Service de police de la Ville de Sherbrooke confirme qu’une plainte pour voies de fait a été déposée par M. Kinumbe, qu’une enquête est en cours et qu’elle pourrait mener à des arrestations. «Les événements se sont produits vers 21 h 30 dimanche soir dans le hall d’entrée d’un immeuble à logements de la rue Jogues. M. Kinumbe sortait de chez lui et s’est fait interpeller par un premier individu, qui lui a demandé une cigarette», explique le porte-parole du Service de police, Martin Carrier.
Comme il ne fume pas et qu’il n’en avait pas et qu’il n’a pas répondu, cet individu l’a d’abord giflé, puis la bagarre a commencé lorsque M. Kinumbe a riposté. « Trois autres sont arrivés et ils se sont mis à le frapper à coups de poing et de pied. Il a été blessé à la tête, à un oeil et avait des douleurs à une main» ajoute-t-il.
Selon M. Carrier, toutefois, «il n’y a rien qui parle d’acte raciste dans le rapport des policiers».
«Ça fait douze ans que je suis ici à Sherbrooke, et cinq ans dans cet immeuble», raconte Michel Kinumbe. «Je n’avais pas eu de problème avant ces locataires qui sont là dans ce logement depuis février. Depuis, nous sommes dans l’insécurité.»
Il y a trois semaines, rapporte-t-il, il s’est fait voler des pneus qu’il laissait sur son balcon. Il s’est plaint de la situation à l’Office municipal d’habitation de Sherbrooke, qui est propriétaire de cet immeuble de 16 logements, et «la serrure du logement a été changée hier (lundi)», puisque M. Kinumbe avait perdu ses clés au moment où il a été roué de coups. «J’aimerais que la police fasse des rondes plus souvent par ici», dit-il.




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